Introduction

L’agroécologie peut être définie comme un domaine scientifique, une pratique et un mouvement social (Wezel et al., 2009). Elle constitue une approche holistique innovante visant à l’utilisation durable et raisonnée des ressources agricoles et hydriques. Cette technologie vise à transformer le système agricole actuel en proposant des solutions intégrant les trois dimensions du développement durable – les aspects sociaux, économiques et environnementaux – afin de lutter contre les racines des problèmes de malnutrition, de pauvreté et d’inégalité.

L’agroécologie est une méthodologie agricole se basant sur les connaissances des sciences de l’agronomie, de la biologie et de l’écologie. Elle se matérialise en une approche rationnelle et efficiente contribuant à faire émerger la nouvelle donne agricole saine et durable, indispensable à la transition écologique mondiale. Elle permet la production de denrées alimentaires saines et de hautes qualités nutritionnelles, exemptes de résidus de produits issus de la chimie de synthèse. L’approche vise autant à produire de la nourriture saine et nutritive, qu’à régénérer les sols, les environnements dégradés, favoriser la biodiversité, optimiser l’utilisation des ressources hydriques, ainsi que préserver le patrimoine génétique local.

L’agroécologie ne place pas seulement l’aspect écologique au cœur de son processus ; l’humain est au centre de ses préoccupations. Le savoir local des agriculteurs est inclus et renforcé, car l’approche fondamentale de l’agroécologie passe avant tout par un renforcement de la souveraineté agricole des agriculteurs locaux. L’agroécologie est un système de gestion des pratiques fermières assimilant les principes sociaux, culturels et politiques du développement durable et de la justice sociale.

L’objectif est de promouvoir et soutenir le remplacement d’une agriculture industrielle de masse, par une masse de petits agriculteurs locaux, connectés à leur environnement et bassin de consommateurs, contribuant de manière directe au tissu économique et social de leur région.

L’agroécologie a un fort potentiel pour améliorer la qualité de vie des petits producteurs agricoles. Elle présente les avantages suivants :

  • Réduction des coûts liés aux intrants (pesticides, semences, engrais). L’agroécologie fonctionne le plus possible en circuit court et fermé. Les intrants nécessaires sont produits par le système agricole lui-même.
  • Préservation du sol. Des mesures de protection du sol et de gestion durable de ses ressources sont intégrées.
  • Diversification des revenus, résilience économique et culturale. La production agroécologique ne se focalise pas sur une seule culture. De nombreuses plantes sont cultivées en associations bénéfiques et des animaux sont élevés.
  • Meilleure résilience face aux aléas climatiques dans un contexte de dérèglement global. De nombreuses pratiques proposées par l’agroécologie permettent une meilleure rétention d’eau et favorise une haute biodiversité dans le système.
  • Impact sur la santé publique. Les produits sont variés, de meilleure qualité nutritionnelle et exemptes de résidus de produits (pesticides, herbicides, engrais) issus de la chimie de synthèse.

L’application de l’agroécologie comporte les contraintes suivantes :

  • Forte main d’œuvre nécessaire. La complexité et l’imbrication des différents éléments (arbres, cultures annuelles, animaux) rendent la mécanisation difficile. Le système développé tend à se passer de l’utilisation de pétrole.
  • Complexité des systèmes de production. L’élaboration et la gestion d’un système de production agroécologique demande une bonne compréhension des interactions entre les différentes espèces qui le composent.
  • Difficulté à la commercialisation d’une offre très variée. La mise en place d’un circuit de commercialisation court et local (marchés, écoles, restaurants, hôtels, agriculture contractuelle) requiert du temps et de l’énergie.
  • Rendements parfois plus bas que dans le conventionnel selon les cultures. Mais capacité de l’ensemble du système à produire plus de cultures par an que les systèmes conventionnels sur des surfaces plus réduites, exploitées sans pétrole et chimie de synthèse.
  • Difficulté à gérer les ravageurs de certaines cultures (légumes et fruits en particulier). Le plan phytosanitaire repose sur une haute biodiversité dans le système, avec de nombreux auxiliaires prédateurs des ravageurs de cultures, l’utilisation de plantes attractives, plantes pièges, plantes répulsives, ainsi que de concoctions répulsives produites localement (macération d’ail, piment, neem et autres).

L’agroécologie et les objectifs de développement durable

  • ODD 1 : Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde.
  • ODD 2 : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable.
  • ODD 3 : Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge.
  • ODD 8 : Promouvoir une stabilité économique partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.
  • ODD 13 : Prendre d’urgence les mesures adéquates pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
  • ODD 15 : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon pérenne, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.