Spiruline : perspectives
La spiruline a fait ses preuves sur le terrain
Malgré l’absence de soutien des agences intergouvernementales, l’intérêt de la spiruline n’est plus à démontrer. Elle est bel et bien reconnue sur le terrain comme très efficace. Dans les pays du Sud, des ONG et des institutions de santé l’utilisent depuis des années pour traiter avec des dizaines de milliers d’enfants souffrant de malnutrition légère et modérée. La spiruline a aussi un potentiel considérable pour le développement, en tant que culture locale et peu coûteuse, aujourd’hui standardisée et contrôlée.
Sur la base de sa composition riche en micronutriments, de son potentiel pour la santé et le fait qu’elle soit cultivable localement, la spiruline présente des avantages majeurs dans la lutte contre la malnutrition chronique. Elle est aujourd’hui utilisée dans de nombreux centres nutritionnels et sa production connait des progrès technologiques importants dans de nombreux pays en développement.
Le potentiel de la spiruline
Il apparait aujourd’hui que la spiruline a un potentiel considérable dans la lutte contre la malnutrition chronique et le développement. Dans un rapport de 2008*, la FAO avait émis deux recommandations à cet égard :
« Les organisations internationales travaillant avec la spiruline devraient considérer élaborer un guide pratique pour la production à petite échelle. Cette production devrait être destinée à : (1) Fournir des suppléments nutritionnels pour une utilisation large dans les communautés rurales et urbaines où l’alimentation de base est pauvre. (2) Permettre la diversification à partir des cultures traditionnelles où les ressources en terrain et en eau sont limitées. «
« Les gouvernements nationaux et les organisations intergouvernementales ont un rôle à jouer dans la réévaluation du potentiel de la spiruline à compléter leurs besoins en termes de sécurité alimentaire et de développement (…). «
La recommandation aux organisations internationales travaillant avec la spiruline est aujourd’hui largement remplie puisque celles-ci poursuivent leurs efforts de développement et de promotion à but humanitaires. Au cours des dernières années, des progrès considérables ont été obtenus à cet égard dans de nombreux pays et sous divers angles (technique, organisation, éducation, utilisation, études).
Concernant la recommandation de la FAO aux gouvernements et aux organisations intergouvernementales, il reste encore du chemin à parcourir. Les gouvernements nationaux et les organisations intergouvernementales, notamment l’OMS et l’UNICEF, doivent être incités à prendre position sur le rôle que peut jouer la spiruline dans la lutte contre la malnutrition. L’accumulation des preuves, son utilisation efficace dans de nombreux centres nutritionnels depuis au moins deux décennies et les progrès techniques dans la culture réalisés dans des pays en voie de développement, constituent des arguments qui n’ont cessé de se renforcer au cours des dernières années.
Les conditions historiques de ces institutions à inclure la spiruline dans leurs recommandations pour la malnutrition devraient aujourd’hui être renégociées :
- Bien que les études cliniques menées dans les PED connaissent des lacunes méthodologiques, leur nombre et leurs résultats positifs justifient-elles encore d’être rejetées et occultées ?
- Des centaines de milliers d’enfants ont été traitées avec succès avec la spiruline à travers le monde au cours des dernières années. Cette échelle n’est elle pas une preuve considérable de son efficacité et son innocuité en situation réelle ?
La spiruline contre la malnutrition est devenue une réalité d’une envergure suffisante exigeant de ces organismes d’être considérée. La spiruline devrait même être considérée comme l’une des approches les plus éprouvés dans la malnutrition (particulièrement si on considère d’autres approches n’ayant pas eu cette obligation de preuve pour obtenir les faveurs de ces organisations). Ces organismes devraient aujourd’hui être incités à reconsidérer la spiruline sous un angle pragmatique et à tenir compte de son utilisation à travers le monde.
Enfin, il existe aujourd’hui de nombreuses possibilités de joindre la spiruline à la nourriture. Dans certains pays, des développements ont mené à de produits l’intégrant de manière particulièrement créative. En Inde par exemple, des biscuits et des bonbons à la spiruline ont été développés localement et sont devenus une forme particulièrement appréciée par les enfants de consommer de la spiruline. Le développement de nouveaux produits intégrant la spiruline représentent certainement un « investissement » fortement recommandable.
* A review on culture, production and use of spirulina as food for humans and feeds for domestic animals and fish, FAO, 2008

