Séquelles de la malnutrition infantile

De graves séquelles sur le développement de l’enfant

On estime que 40 à 45% des enfants vivant dans un pays en voie de développement ont une taille insuffisante pour leur âge. Ce retard de croissance témoigne d’un état de malnutrition chronique par carences multiples en nutriments, en particulier par carence énergétique, mais aussi par infections répétées.

Un enfant ne recevant pas suffisamment de nutriments dans son alimentation quotidienne est non seulement exposé à des retards de croissance physique et moteur, mais aussi à une augmentation du risque de mortalité, à une diminution des défenses immunitaires et des capacités cognitives et d’apprentissage. La malnutrition limite la productivité de tous ceux qui en sont victimes et contribue ainsi à perpétuer la pauvreté.

Tout comme la malnutrition aiguë, le retard de croissance entrave le développement intellectuel de l’enfant. Ces enfants en mauvaise santé et souffrant de malnutrition chronique, surtout accompagnée d’anémie, pendant la période cruciale des premières années de scolarité, ont souvent une capacité d’apprentissage réduite.

Les différentes formes de malnutrition

  • Si le déficit porte principalement sur les apports en énergie et en protéines, on parle de malnutrition protéino-énergétique (MPE) ou protéino-calorique.
  • Si le déficit porte surtout sur le fer, on parle d’anémie nutritionnelle qui peut entraîner une baisse de la productivité, voire être mortelle.
  • Si le déficit porte principalement sur la vitamine A, les manifestations de la carence portent le nom de xérophtalmie. Elle peut entraîner la cécité ou l’affaiblissement du système immunitaire.
  • Les carences en iode peuvent entraîner de graves troubles mentaux ou physiques.
  • Les carences en folate peuvent entraîner l’insuffisance pondérale à la naissance ou des anomalies congénitales comme la spina bifida.

Il n’est malheureusement pas rare que l’enfant porte à la fois et à degrés divers les traces de toutes ces formes de malnutrition.

La place de l’allaitement et du sevrage dans l’alimentation de l’enfant

L’allaitement maternel est la première source de micronutriments vitaux et contribue à une santé et une nutrition générales adéquates. Afin de prévenir la malnutrition, il est recommandé un allaitement immédiat et exclusif pendant les six premiers mois de vie de l’enfant, complété ensuite par des aliments adaptés à l’âge. Dans les pays en voie de développement, la malnutrition si fréquente entre 6 mois et 2 ans s’explique par la contamination bactériologique et la valeur nutritive médiocre de l’aliment de sevrage.

L’enfant est nourri au sein pendant une durée variable selon les cultures, mais qui dépasse souvent un an. Toutefois, au delà du 4ème mois, une alimentation strictement lactée ne couvre plus les besoins du nourrisson, notamment en énergie et en fer. Le risque d’apparition d’une malnutrition protéino-énergétique, ou d’une anémie ferriprive, s’accroit. La mère, tout en poursuivant l’allaitement au sein, introduit alors une alimentation complémentaire sous forme de bouillie, à base de céréales (riz, mil, sorgho, maïs), de racines (manioc) ou tubercules (ignames), et additionnée de sauce ou de sucre. Ces bouillies sont certes riches en hydrates de carbone, mais leur teneur en protéines est faible. De plus elles sont conservée dans de mauvaises conditions d’hygiène et peuvent provoquer la diarrhée dite « du sevrage », si fréquente dans les pays tropicaux.

Dans certaines sociétés, en Afrique par exemple, le sevrage est souvent brutal, pratiqué du jour au lendemain. Parce que la mère est enceinte ou se croit enceinte, l’enfant est privé du sein maternel et il est confié sans transition à un autre membre de la famille. L’enfant, désorienté, présente alors des troubles du comportement et refuse parfois obstinément de s’alimenter, ce qui ne fait qu’aggraver une situation nutritionnelle déjà précaire.

A partir de 2 ans, les éléments sont réunis pour que s’installe un état de malnutrition ou que s’aggrave une malnutrition préexistante. L’enfant s’alimente exclusivement au plat familial qui est préparé deux fois, voire une seule fois par jour. Il reçoit une portion, en apparence volumineuse, d’un plat familial souvent très épicé, de faible valeur énergétique, contenant peu de matières grasses et de protéines. Dans ces conditions, les apports couvrent à peine 60-70% des besoins caloriques et 80 à 90% des besoins en protéines.

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