Népal : une meilleure productivité dans les briqueteries grâce à de l’eau salubre pour les ouvriers
De meilleures conditions de travail
Au Népal, l’industrie des briques repose sur des travailleurs migrants souvent venus avec leur famille des zones rurales de l’Inde pour s’installer près des usines dans de petites huttes en briques et en terre, où ils resteront durant toute la saison sèche. L’environnement social des travailleurs est un élément particulièrement important pour la réussite d’un projet dans les briqueteries : au niveau des conditions de vie et de travail, il faut prendre en compte les risques sanitaires pesant sur les travailleurs, ainsi que les infrastructures prévues pour les familles qui vivent et travaillent sur place.
Le projet VSBK (Vertical Shaft Brick Kiln – fours à briques équipés de cheminées verticales) vise à réduire l’impact environnemental de la production de briques, tout en améliorant les conditions de vie et de travail des ouvriers du secteur. L’eau potable est à cet égard un problème majeur, en particulier quand il s’agit d’assurer que les ouvriers y aient accès au sein des briqueteries.
Plus productifs en bonne santé
Le projet VSBK teste divers modèles économiques et plusieurs stratégies de marketing pour assurer l’accès à l’eau potable des ouvriers de l’industrie des briques et de la construction au Népal. Il est basé à Imadole (dans la vallée de Katmandou), où il fournit des services dans deux VSBK et dans deux briqueteries voisines équipées elles de fours traditionnels.
Le résultat visé est la diminution de l’absentéisme dû aux maladies d’origine hydrique grâce à la vente de chlore et à l’approvisionnement des réservoirs des usines en eau chlorée. Le projet débouchera sur une situation gagnant-gagnant pour les ouvriers et les entrepreneurs : les ouvriers auront de l’eau potable et les entrepreneurs obtiendront de meilleurs revenus du fait de la hausse de la productivité des travailleurs.
Des mobilisateurs sociaux du projet VSBK se chargent des activités de sensibilisation aux maladies d’origine hydrique. Ils utilisent de petites fioles pour tester la présence ou l’absence de bactéries coliformes dans l’eau. En cas de contamination bactérienne, l’échantillon devient noir. Cette méthode est un excellent moyen de démontrer que le fait que l’eau soit claire ne signifie pas qu’elle soit de bonne qualité.
Cette approche semble pouvoir devenir un modèle acceptable pouvant être diffusé auprès de la plupart des briqueteries (VSBK ou traditionnelles) de la vallée de Katmandou.
Comment mettre sur pied un modèle économique
L’objectif du projet est de trouver, en coopération avec les ouvriers et les propriétaires des briqueteries, un modèle économique viable reposant sur l’approvisionnement en eau traitée des ouvriers de la vallée de Katmandou. Plus particulièrement, le projet vise à tester et à approuver une approche qui :
- soit acceptable d’un point de vue social pour les ouvriers et les entrepreneurs ;
- soit suffisamment bon marché pour que les ouvriers puissent s’offrir le service proposé, tout en étant rentable dans une certaine mesure pour le fournisseur d’eau ;
- repose sur une technologie propre ;
- offre des services accessibles aux ouvriers.
Le résultat attendu du projet est une diminution de l’absentéisme des travailleurs de l’industrie des briques et du secteur de la construction lié aux maladies d’origine hydrique, qui s’accompagnera d’une hausse de la productivité.
L’industrie des briques passe au vert, et offre des conditions de travail plus saines
Le projet Vertical Shaft Brick Kiln, un programme conjoint du gouvernement du Népal et de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), s’emploie à assainir les infrastructures et les technologies de production des briqueteries. Il a pour objectif d’améliorer la performance environnementale et l’équité sociale dans le secteur des matériaux de construction, en établissant des systèmes de production de matériaux de construction durables au niveau des petites et moyennes entreprises.
Les ventes étendues aux communautés locales
Des flacons de chlore et des recharges sont vendus en porte-à-porte par des mobilisateurs sociaux travaillant pour le projet VSBK. Des femmes participent également à la vente et à la production de chlore avec une organisation locale. Dans la mesure où l’accessibilité du produit est un élément clé dans la satisfaction du consommateur, le projet ciblera aussi par la suite les petites échoppes et épiceries locales.
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Le chlore est aussi acheté directement par des entrepreneurs qui purifient l’eau des réservoirs de leur usine. Dans ce cas précis, les ouvriers peuvent se rendre au point de distribution au sein de l’usine, et le concept d’approvisionnement à domicile ne s’applique pas.
Bénéficiaires
Au total, 1 100 ouvriers de deux briqueteries et leurs familles seront ciblés (200 unités familiales), ainsi que la communauté locale. Des ONG locales cibleront en outre les ouvriers du secteur de la construction.
Budget
40 000 dollars US sur deux ans
Le point sur le projet
(Décembre 2010) Les propriétaires de deux briqueteries de Katmandou ont commencé à planifier et à rendre effectif l’accès des ouvriers à l’eau potable. Ces entrepreneurs sont convaincus du fait que l’eau potable est un élément clé de l’augmentation de la productivité.
Le principal défi est maintenant d’accroître l’impact de ce modèle en le diffusant auprès des autres briqueteries et en faisant de l’accès à l’eau potable une condition sine qua non dans l’industrie des briques.
Chiffres clés de la première phase du projet :
- Nombre d’ouvriers bénéficiaires grâce à un accès facilité : 368 ouvriers dans deux VSBK
- Gains de temps: 0,75 – 1,5 heures (temps habituellement utilisé pour la collecte de l’eau)
- Nombre d’ouvriers adultes conscients des causes des maladies d’origine hydrique : 816
- Nombre de foyers achetant du chlore : 200

