Haïti
Les 100 premiers WATA
À la suite du tremblement de terre de 2010, la demande pour l’approche WATASOL est montée en flèche en raison du risque accru de choléra. Plus de 90 appareils sont utilisés par une vingtaine d’ONG locales et internationales, et l’installation de dix autres appareils est en préparation. Début 2011, deux groupes français – Entrepreneurs du Monde et une équipe d’intervention d’urgence du GSCF – se sont lancés dans la mise sur pied de petites industries locales de production. Ils intégreront une dynamique naissante favorisée par le gouvernement et WATASOL dans le but de mettre en synergie à long terme et à l’échelle du pays les efforts déployés par toutes les parties prenantes.
Après la première mise en service d’un appareil WATA en Haïti en 2007, les ONG et les entrepreneurs locaux y ont vu une possibilité de fournir de l’eau potable aux communautés, et la demande pour ces appareils n’a cessé de croître. De là à octobre 2009, deux Mini-WATA et 21 WATA standard avaient été installés.
Est venu le 12 janvier 2010. Sous les sols dégradés, les villages à moitié abandonnés et les villes surpeuplées de cette nation, la terre a brièvement tremblé, tuant 10 % de la population des zones touchées et détruisant des infrastructures déjà fragiles.
À la suite de cette catastrophe, la demande pour les appareils WATA allait inévitablement grimper en flèche. En effet, le choléra pouvait survenir à chaque instant, favorisé par la saison des pluies – l’épidémie s’est finalement déclarée fin octobre 2010.
Jamais mieux servi que par soi-même
Depuis des mois, l’imminence de l’épidémie avait ajouté à l’urgence de fournir de l’eau potable dans les régions ne disposant pas de sources d’eau salubre. L’instabilité politique, la fragilité du système administratif, les difficultés logistiques et les problèmes douaniers étaient autant d’éléments qui retardaient la fourniture d’équipements et de chlore, tant aux frontières que tout au long de la chaîne d’approvisionnement complètement perturbée.
Cette situation, ainsi que l’impact positif des campagnes de prévention du choléra et de sensibilisation menées auprès des communautés, ont conduit la population à chercher d’autres solutions et à devenir auto-suffisante s’agissant de ses besoins en chlore. La possibilité de produire du chlore localement, en recourant à des panneaux solaires ou à des générateurs lorsque le réseau électrique est coupé, est l’un des avantages clés du WATA, qui peut être utilisée là où d’autres produits, par exemple HTH et Aquatab, ne peuvent pas toujours atteindre les communautés.
D’ici la fin décembre 2010, le nombre de WATA installés en Haïti avait été multiplié par quatre et s’élevait à 95, dont un Maxi-WATA et 85 WATA standard ; 10 autres appareils attendent d’être installés. Dans des conditions de fonctionnement normales (qui peuvent ne pas prévaloir vu la situation d’Haïti), cette batterie d’appareils représente suffisamment de chlore pour approvisionner un million de personne en eau potable.
Un pour tous, tous pour un
Avec près de 25 organisations distinctes figurant parmi les acheteurs ou utilisateurs de WATA (la plupart pour moins de quatre appareils), il y a un risque, souvent vérifié dans la reconstruction d’Haïti, d’inefficacité et de mépris des stratégies nationales de reconstruction. Durant le premier semestre 2011, afin d’éviter de tels efforts parallèles et non coordonnés, Antenna va travailler en coopération avec la DINEPA, la Direction nationale de l’eau et de l’assainissement, à un exercice de cartographie. Celui-ci permettra à l’ensemble des parties prenantes d’échanger leurs expériences en matière de modèles économiques, de formations conjointes et de logistique, et devrait faciliter l’optimisation à long terme d’une utilisation des WATA s’inscrivant dans un programme intégrant la composante gouvernementale et reposant sur des entreprises locales viables.
L’un des acheteurs principaux d’appareils WATA est le Corps suisse d’aide humanitaire (CSA), un organe gouvernemental, qui, à la suite de ses expériences au Pakistan, a fourni 20 kits standard à Helvetas, au CICR (Croix-Rouge), à Terre des Hommes et à Action contre la Faim (ACF). Dix autres appareils sont en attente de placement.
L’ONG Action Contre la Faim a elle-même acquis une trentaine d’appareils depuis 2009. Elle est particulièrement active aux Gonaïves, où des groupes de femmes produisent du chlore et testent des modèles de diffusion avec succès.
Téléchargez le document de capitalisation de l’approche WATASOL développée par Action contre la Faim depuis 2009, par Mathieu Métois, ACF décembre 2011.
Toujours au Gonaïves, la Fondation Main dans la Main a installé un Maxi-WATA.
Dans le cadre d’un projet pilote lancé en janvier 2011 à Camp Corail, une autre ONG, Entrepreneurs du Monde, évalue les possibilités pour les entreprises locales de mettre en œuvre des opérations WATASOL par l’intermédiaire de ses activités de micro-crédit – activités qui ont démarré en 2003 avec le programme ID Microfinance.
En 2011, des équipes d’urgence du Groupe Secours Catastrophe Français équiperont des partenaires locaux avec cinq appareils WATA. En décembre 2010, Antenna a dispensé une formation WATASOL aux membres du personnel concernés.
D’autres ONG telles que SOS Enfants sans frontières, Fondation Main dans la Main, AJAD (Appui aux Jeunes Acteurs du Développement) et Tierra Incognita ont ajouté l’approche WATASOL à leurs activités de soutien à la reconstruction d’Haïti.
Téléchargements
Téléchargez les images sensibilisants à l’hygiène en créole haïtien, document compilé par Entrepreneurs du Monde: Tout sa’w ka fè avèk Klowòks Lakay / Avantaj, dezavantaj / Nan kisa nou ka mete Klowòks Lakay
Pour un approvisionnement en eau potable, article d’ACTED, février 2012
L’approche WATASOL développée par Action contre la Faim depuis 2009, document de capitalisation par Mathieu Métois, ACF décembre 2011.
Téléchargez le rapport de mission d’avril 2011, par Antenna Technologies
Téléchargez l’article de février 2011 sur les WATA à Haïti Dancing on the head of a syringe (en anglais)

