Guinée : les fondements d’une stratégie nationale

En Guinée, la détérioration de la qualité de l’eau de boisson entre la source et le point d’utilisation et la gestion des excréments posent de graves problèmes de pollution de l’environnement et de santé publique. De fait, toutes les études réalisées par le Centre d’étude et de recherche en environnement (CERE) de l’Université de Conakry en 1998, 2000, 2002 et 2005 ont montré une nette détérioration de la qualité de l’eau consommée par les ménages.

Le choléra est désormais endémique en Guinée, où il tue aujourd’hui davantage de personnes que par le passé. Toutefois, depuis l’intervention menée en 2008 par l’association Tinkisso, partenaire d’Antenna, aucun cas de choléra n’a été enregistré dans la préfecture de Dabola, dans le centre du pays. Un premier projet a été lancé en collaboration avec l’UNICEF dans le but d’améliorer l’accessibilité de l’eau potable par la distribution gratuite de chlore. En 2008, quelque 60 000 flacons de chlore ont ainsi été distribués gratuitement aux foyers de la région, touchant ainsi environ 126 000 personnes.

18 Maxi-WATA, soit 1 million de bénéficiaires potentiels

En décembre 2009, l’accord passé entre Tinkisso et l’UNICEF a pris fin, tout comme les subventions accordées à la distribution gratuite de chlore. Antenna soutient Tinkisso dans la recherche de stratégies alternatives afin de poursuivre les activités de traitement des eaux domestiques. L’objectif est de permettre à l’organisation d’acquérir une autonomie financière grâce à des ventes de chlore, afin d’assurer à long terme l’accès à l’eau potable.

Tinkisso assure désormais le rôle de producteur local et vend des flacons de chlore de 250 ml, ce qui suffit à couvrir les besoins en eau potable d’une famille pendant un mois, pour moins de la moitié d’un dollar. Cette approche de production a été bien acceptée par la population et a démontré qu’elle était tout à fait viable d’un point de vue opérationnel.

Le ministère de la Santé a fait installer un Maxi-WATA dans chacune des huit régions administratives du pays dans le cadre de sa stratégie visant à réduire la prévalence des maladies d’origine hydrique. Il s’emploie également à assurer un soutien à Tinkisso afin que l’association puisse répliquer le modèle d’entrepreneuriat fondé sur la production de chlore qu’elle applique dans la région de Faranah. Au total, Tinkisso a formé quelque 1 200 animateurs sanitaires à la production de chlore et au contrôle de qualité.